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Les 20km de Vannes : suivre son étoile

médaille 20km vannes

Peu de temps après mon accouchement, je me suis inscrite à une des courses sur route incontournables de ma région : les 20 kilomètres de Vannes. Le grand weeekend du marathon de Vannes a lieu fin septembre. Il propose un 10km de nuit (la Gwened nocturne), un 20km, un marathon seul ou en relais. Fin janvier, au moment des inscriptions, j’ai opté pour le 20km en me disant que j’aurais bien récupéré de mon post-partum. Pas si simple, mais ce dossard m’a donné une étoile à l’horizon.

Le dossard des 20km de Vannes : mon étoile à l’horizon

Si vous me suivez depuis quelques temps, vous le savez : j’ai besoin d’un objectif pour avoir envie de courir. La plupart du temps il me faut un dossard, un plan, un calendrier, des séances bien structurées. Plus de deux ans après le marathon pour tous, c’est sans doute ce qui m’a poussée à choisir une course pour mon post-partum. Enceinte au moment de la ruée sur les dossards, j’avais même décroché un dossard pour l’ultramarin. J’avais pris ça pour un signe du destin mais j’avais dû mal le comprendre ! Je l’ai vite revendu pour un weekend en famille et je n’aurais pas été du tout prête.

Mais le 20km de Vannes, ça faisait sens ! Nous nous sommes mariés un weekend de marathon de Vannes (j’étais alors en prépa New York). L’année dernière, dans un élan de motivation, j’avais pris un dossard pour le marathon en relais avec mon mari (chacun sa manière de fêter son anniversaire de mariage). Mais nous avons appris ma grossesse peu de temps après et j’ai préféré renoncer à faire la course à 3.

Le marathon de Vannes donc, c’est un peu ma bonne étoile. J’ai choisi de me lancer sur le 20km alors que mon tout petit bébé dormait sur moi. Avantages : le dossard n’est pas trop cher, il y a une bourse aux dossards en cas de galère, les inscriptions sont accessibles (pas de tirage au sort) et la course n’est pas complète en deux secondes.

Au tout début du post-partum je n’ai pensé du tout à courir. Mais, plus tard, quand j’ai commencé la rééducation, ce dossard est vite devenu ma motivation, ma petite étoile à l’horizon.

Ma préparation pour les 20km de Vannes : des petits pas

Un petit pas pour moi, de grands pas pour le retour à la course à pied ! Après avoir couru les 20km de Paris en apesanteur (meilleur temps 1h26), je manquais un peu de légèreté pour cette nouvelle préparation ! Côté cerveau surtout, la vie avec un bébé n’est pas de tout repos ! Et mon corps avait tout de même fabriqué un bébé et arrêté le sport pendant un bon moment (lire aussi : mon expérience du sport pendant la grossesse).

J’ai commencé par la rééducation abdominale (après celle du périnée), avec une kiné du sport qui a été mon guide dans ce voyage spatial. Une fois son feu vert donné, j’ai suivi le plan reprise de la Clinique du Coureur. Puis j’ai choisi un plan « mon premier semi » en 10 semaines sur l’application adidas running. Je ne voulais pas comparer mes anciennes allures, mes anciennes préparations. Le post-partum c’est vraiment marcher sur une nouvelle planète, et le plan adidas m’a bien aidée à avancer.

Les séances (quatre par semaine mais je ne pouvais en faire que deux ou trois) se répartissaient entre « sortie longue », « intervalles », « course facile » et « fartlek ». Les intervalles comportaient des blocs d’allures de type lent / confortable / accéléré. Les fartlek alternaient eux des 30/30, ou des 2min/2min. Les sorties longues, comme leur nom l’indiquent, consistent à sortir dans l’espace le plus longtemps possible. J’ai fait comme j’ai pu avec l’espace disponible justement. Pour cette préparation, j’ai beaucoup aimé ne pas avoir de référentiel allures : je gérais mon « confortable » en fonction de mes sensations. Enfin, j’ai aussi vite compris que préparer un semi en 1h30 et un 20km en deux heures sont deux orbites totalement différentes. Quand vous courez vite vous avalez 18km en sortie longue, moins rapidement veut dire moins de kilomètres mais autant d’efforts…

Les 20km de Vannes : la voie lactée

départ de la station spatiale

Le jour de la course est arrivé plus vite que prévu, une faille spatio-temporelle certainement (comment ça mon bébé a déjà 9 mois ?!). Et je suis plus fatiguée que voulu. Mais je retrouve mon petit rituel habituel : petit déjeuner, s’habiller, accrocher le dossard et direction le départ. Au moins ici pas de quarante minutes de métro, vingt de queue aux toilettes et trente dans le sas ! Avant le départ, le speaker dit plusieurs choses qui me touchent :

  • « Vous êtes plus forts que ce que vous pensez »
  • « Quand ce sera plus dur, suivez votre étoile ». Cela ne veut pas dire grand chose mais mon bébé est né à l’épiphanie, raison de plus de penser à lui.
  • J’ai aussi appris que la parité était quasiment remplie. En effet, il y a beaucoup de femmes autour de moi, dans le sas 1. Ça fait bien plaisir !

Le départ est donné et c’est parti pour la voie lactée. Le parcours du marathon de Vannes n’est pas des plus roulants mais sillonne la ville, les sentiers côtiers entre terre et mer. Bonus, les supporters sont au rendez-vous ! Pour cette nouvelle dimension, j’ai abandonné ma technique des blocs : réinitialiser la montre tous les 5km et les faire tenir chacun dans l’allure cible. J’ai choisi une sortie longue de 2 heures sur l’application adidas, découpée en intervalles de 30 ou 20 minutes « lent » et « confortable ». La voix m’annonce chaque kilomètre, avec le temps total et l’allure. Du coup je ne regarde quasiment pas ma montre, et finalement ça allège l’esprit !

20 km de Vannes : port de Vannes

un parcours ville et satellite entre terre et mer

C’est parti dans les rues de Vannes ! ça monte et ça descend, ça serpente, j’aperçois mon mari et mon bébé sur le bord de la route. Et puis, on continue. Kilomètre après kilomètre, on est loin de la fusée, mais l’allure tient autour de 5’30 / 5’40. Je ne peux m’empêcher de me dire que ce sera plus dur ensuite. Mais, pour le moment, les sensations sont plutôt bonnes.

Je ne sais pas si le corps se souvient, mais le mental lui, retrouve ses habitudes. Me voilà qui gère ma course « comme avant ». Ravito, gel, eau, on ralentit dans les montées, on lâche un peu dans les descentes. On tape dans les mains des enfants sur le bord de la route.

Jusqu’au 17e ou 18e, pas de gros coup de mou à signaler. J’avance dans le sillage des autres coureurs. Même, je retrouve le goût des courses (gel caramel beurre salé) : l’ambiance, la détermination, le dépassement de soi, le plaisir de courir. Arrive le tunnel de Kerino avec une belle descente et, bien sûr, une belle montée. J’étais parisienne, je connais les tunnels ! Par habitude je cherche Raph dans les supporters. Pas de megaphone hystérique mais tout de même une très belle ambiance. J’ai les jambes un peu coupées mais impossible de faiblir ici.

Arrivée étoile filante

En revanche juste après, tout devient plus calme, sur une portion déjà empruntée. Et il reste tout de même deux bons kilomètres. Mon seul vrai moment un peu dur. Mais j’entends « allez Tante Marie » ! Et je vois mon frère qui court quelques mètres avec moi. Hop me voilà reboostée ! Un peu plus loin, c’est presque l’arrivée et mes nièces avec une pancarte pleine de princesses à paillettes ! Une poussière d’étoiles qui me fait voler sur les derniers mètres.

Je franchis la ligne, je mets quelques secondes à arrêter la montre : autour de 1h52. Très proche de mon tout premier semi !

Une nouvelle étoile sur le maillot

Et hop une nouvelle médaille dans la boite aux souvenirs. Je ne les garde pas toutes : seulement les marathons, les RP et celles qui signifient beaucoup. Ici on est sur la première course d’une nouvelle dimension : la course à pied après bébé. Et ça se fête ! Le bébé aime déjà beaucoup ce qui brille : il a voulu croquer la médaille et boire ma bière !

La suite du voyage commence maintenant ! Rester motivée malgré l’hiver, et vite trouver une nouvelle étoile à suivre pour entretenir tout ça !

Marie

rédactrice web freelance, j'écris depuis quinze ans sur mon blog Graine de Sportive, et j'ai collaboré avec plusieurs médias. Contactez-moi pour me confier vos besoins sports et bien-être !

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